Discours de S. Martot – Journée de l’Ess 1er Décembre 2017 – Mairie de Rouen

Mesdames, Messieurs,
Bonjour à toutes et à tous,
Merci Monsieur le maire, cher Yvon, pour votre introduction et votre présence parmi nous
Chère Madame Lahalle de la région Normandie
Cher Monsieur Moreau, cher Cyrille, de la métropole Rouen Normandie
Chère Madame Lemarchand présidente de la Cress Normandie ,
Chers collègues élus,
Chers porteurs de projet,
À toutes et tous, Soyez les bienvenu.e.s dans notre maison commune qu’est l’hôtel de ville de Rouen.
Depuis 2014 beaucoup de travail a été fait dans le cadre de la mission Ess.
Étant à mi-mandat nous pouvons tenter d’esquisser un premier bilan :
Nous nous étions engagés à animer le réseau Ess sur notre territoire et à soutenir l’émergence de projets sur notre commune, en complément de la région et de la métropole, nous le faisons !
Je tiens à remercier les services de la ville engagés dans cette mission, Élise, Patrice, Fabien et Richard et au-delà car la mission Ess est transversale à l’ensemble de la ville
Je veux tout d’abord citer la mission Ess chargée de rencontrer au quotidien les porteurs de projets, mais aussi la journée Ess, moment de débats divers qui est le fruit du travail entre 27 structures Ess pour cette édition 2017 et la ville, selon un mode de coélaboration, c’est maintenant un rendez-vous qui a ses habitués.
Nous avons également lancé cet appel à projet Rouen Eco Progr’Ess dont le jury -que j’anime- se réuni trois fois dans l’année, composé de l’Adress, de la Cress, de l’adjoint aux associations Manuel Labbé et des adjoints thématiques de la ville avec un budget de 20.000 euros.
Nous mettrons à l’honneur tout à l’heure les lauréats 2017.
Je cite également « les petits déjeuners des acteurs de l’Ess »autour d’une thématique que nous choisissons ensemble, mais aussi les vidéos Ess qui  sont mises en ligne sur le site internet Rouen.fr sur lequel  vous trouverez la rubrique Ess de la ville.
Et je conclue ce bilan par le petit nouveau : le marché « un autre marché » en partenariat avec l’ARDES qui se déroulera demain pour la première fois à Rouen le samedi 2 décembre 2017 et qui, s’il rencontre son public, à vocation à se pérenniser.
Nous avons réalisé tout cela depuis 2014. Je n’aurai pas forcement fait le pari que nous le ferions même si nous bénéficions en 2014 du travail déjà engagé par la région les années précédentes.
Pour tout ce travail j’adresse un remerciement collectif.
Le réseau Ess sur Rouen est important sur la ville et la métropole, et il ne demande qu’à se développer davantage. J’en veux pour preuve le programme du mois de L’Ess où j’ai repéré une dizaine d’événements en un mois sur Rouen.
Alors bien entendu, tout est perfectible et nous allons continuer ensemble à faire vivre L’Ess sur Rouen et au-delà.
Vous le savez, vous le savez bien même, s’engager dans l’Economie sociale et solidaire ce n’est pas de tout repos. C’est Une économie de proximité qui crée des emplois locaux, non délocalisables, et qui souhaite répondre à de nouveaux besoins de la population, c’est une  économie qui préfère la coélaboration plutôt que la concurrence, une économie qui choisit un mode de gouvernance plus horizontal et plus collectif.
Bien sûr, là aussi, rien n’est jamais parfait et L’ESS a aussi des défauts. Mais permettez-moi de mettre l’accent sur les axes forts de cette économie.
C’est une économie qui préfère réinvestir dans son projet plutôt que de dégager des revenus versés à des actionnaires anonymes. C’est une économie qui investit dans l’humain au service des humains et de la planète.
Cette économie démontre depuis plusieurs années qu’elle n’est pas ou qu’elle n’est plus une économie de la marge.
C’est une économie résiliente, faite par des résilients, ceux à qui on a dit parfois :
« L’usine ferme suite à une restructuration » ou « tu es licencié faute de budget »  ou « c’est un peu utopique ton projet, non ? « ….
Et bien souvent vous avez répondu :
Certes, c’est difficile mais on veut vivre !  Une sorte de : « même pas peur » un peu bravache, considérant que réaliser ses désirs étaient plus important ou tout simplement par ce qu’il faut bien travailler pour faire vivre sa famille.
Et vous vous êtes engagés dans votre projet de reprise d’activité en SCOP, dans votre association et dans votre entreprise d’insertion , avec toutes les incertitudes qui vont avec …
Vous avez entrepris, car vous savez que le mot entrepreneur n’appartient pas qu’au médef.
 Et ancrés dans le réel, vous savez bien ce qu’est parfois la difficulté au travail dans un monde qui se cherche, ce monde de l’entre-deux-mondes dont je parlais l’année dernière.
Vous savez aussi que le pôle emploi n’est pas devenu une agence de voyage et vous n’êtes jamais allés  aux Bahamas lorsque vous étiez au chômage au frais de la princesse.
Les réalistes, c’est vous !
Vous êtes bien loin de l’image parfois véhiculée de l’économie sociale et solidaire qui serait d’abord et avant tout une économie subventionnée, donc pas tout à fait une vraie économie, je l’entends parfois au conseil municipal je vous laisse chercher desquels rangs cela provient.
Et je voudrais dire deux,trois mots là-dessus :
Le monde idéal des libéraux c’est de nous expliquer qu’un marché efficace permet la satisfaction personnelle, particulière. Pour citer Adam Smith, un penseur que les lycéens doivent connaître, « la recherche des intérêts particuliers aboutit à l’intérêt général « c’est le mécanisme de la main invisible, le marché se régule tout seul, les prix  s’ajustent, les emplois se détruisent et d’autres se créent par eux-mêmes et il ne faudrait pas intervenir et surtout il faut laisser faire.
J’accepte la critique d’un résumé rapide de ce qu’est l’économie libérale mais globalement c’est quand même bien comme ça qu’Adam Smith a décrit le libéralisme.
Et bien je veux vous faire une annonce : de la théorie à la pratique il n’y a pas une rivière, ni un fleuve, mais plutôt un océan.
Il s’avère que l’économie libérale bénéficie de l’intervention de l’état, des collectivités, des pouvoirs publics globalement, même dans un pays dirigé par les libéraux, et ils font ça car sinon, le système ne fonctionnerait pas.
Cela passe par des aides directes ou indirectes aux entreprises, par également des exonérations de cotisations sociales – ou appelées par certains charges sociales – et j’invite les étudiants qui sont dans la salle à se questionner sur le sens de ces deux mots -cotisations et charges- qui désignent une même réalité mais avec un prisme différent.
 Il est parfois pertinent que l’état ou les collectivités locales interviennent pour soutenir l’activité économique. Je n’approuve pas spécialement les baisses de cotisations car c’est un manque à gagner pour l’assurance maladie et les caisses de retraites, mais les aides ciblées aux entreprises sont pertinentes. A condition, bien sûr, que ces aides aillent à l’activité de l’entreprise et ne rémunèrent pas les actionnaires
Alors oui, il arrive au secteur de l’économie sociale et solidaire de percevoir de l’argent public mais parce que c’est notre intérêt collectivement de soutenir l’activité économique et nous savons que ces aides n’iront pas en bourse mais dans le projet.
Alors je veux le dire : l’argent public ne coule pas à flot en direction de l’Ess , j’ai parfois l’impression que certains croient cela mais c’est injuste .
 La ressourcerie Résistes qui a aménagé le salon République paie son loyer et ses cotisations, la Cravate Solidaire paie son loyer, Alternoo aussi, Guidoline également, Artisans du monde aussi, la Régie des quartiers de Rouen également et je donnerai la parole à son président après mon intervention compte tenu de l’actualité de la régie.
Alors surtout ne culpabiliser pas de recevoir parfois des subventions, elles sont minimes en réalité, car je sais que votre enjeu c’est de construire un modèle économique qui tienne, qui permette de rémunérer votre activité, qui permette de dégager des ressources pour réinvestir dans votre projet, pour pérenniser votre activité, qui a une utilité sociale, environnementale, qui très souvent n’intéresse pas le secteur capitaliste. C’est pour cela que nous devons vous aider
 Alors oui, je ne sais pas si j’en suis navré pour vous, mais la probabilité est assez élevée pour que vous ne soyez jamais côté en bourse, à vous de décider si vous en êtes plutôt fier ou pas !
Je lisais hier un article dans un journal régional qui indiquait que pour 2019 le gouvernement se fixe comme objectif de faire cumuler les effets du c.i.c.e avec les nouvelles baisses de charges prévues aux entreprises qui pourraient s’élever à 21 milliards d’euros !
Alors chers amis, vous le voyez bien, on a dans l’Ess de la marge comparativement au secteur de l’économie capitaliste plutôt assez bien aidé en réalité.
Je souhaite conclure mon propos en faisant référence à l’appel lancé il y a quelques jours par 15.000 scientifiques de 184 pays qui ont exprimé publiquement leur inquiétude face à l’état alarmant des indicateurs de la planète, ils appellent à agir concrètement contre « une souffrance généralisée et une perte catastrophique de biodiversité ».
15.000 chercheurs, c’est beaucoup non ?!
Ces 15000 scientifiques ne pourraient pas rentrer dans cette salle trop petite, pas plus qu’à l’Elysée, ni à la région, ni au parlement français ou ni à la métropole, et pourtant, l’émoi soulevé suite à leur appel fut tout relatif :
Les autorités n’interdisent pas le glyphosate, le contournement Est de Rouen ressort de ses cartons, l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes va bientôt revenir dans l’actualité …ET pendant ce temps, le climat va très mal !
Je le disais tout à l’heure, nous sommes dans cette période d’entre-deux-mondes, l’ancien est bien mal en point, mais il a de beaux restes, et le nouveau monde balbutie, mais il expérimente, il tente, il  déconstruit, il analyse, il propose des solutions, plus proches de la planète et des humains.
Pascal Durand fait parti de ce monde nouveau et je suis très heureux de le savoir parmi nous pour la conférence qui va suivre.
L’économie sociale et solidaire fait parti de ce nouveau monde, c’est une réponse possible, presqu’une méthode, c’est une force de vie incontournable.
Alors ils sont 15.000 ces scientifiques, nous sommes 200, je vous propose à toutes  et tous, dans les actes, citoyens et élus, de rejoindre ces 15.000 pour être des millions !
Merci à vous,
Stéphane MARTOT
Conseiller municipal délégué Ess et démocratie locale – Mairie de Rouen

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