Discours d’inauguration de La Route des énergies 13/10/15

http://www.laroutedesenergies.com/

http://www.laroutedesenergies.com/

Discours prononcé par Fatima El Khili à la Chaufferie bois du quartier Grammont, lors de l’ouverture de La route des énergies, mardi 13 octobre 2015.

 

Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les Dirigeants d’entreprises, Mesdames et Messieurs les professeurs,  Chers amis…

L’année 2015 pourrait être l’année des engagements contre le dérèglement climatique :

– Il y a eu la loi de transition énergétique pour une croissance verte, votée le 17 août dernier, qui prévoit une diminution de 40% des émissions de gaz à effet de serre et une part des énergies renouvelables portée à 32% (contre 16 aujourd’hui) à l’horizon 2030.

– La forte mobilisation citoyenne constatée ces derniers temps, au sein par exemple du mouvement Alternatiba.

– Et enfin, la COP21, qui se tiendra dans quelques semaines à Paris. La France, qui accueille cet évènement, se doit de rattraper certains de ses voisins Européens et de prendre des mesures concrètes et efficaces pour lutter contre son impact sur notre climat. Pour garantir aussi à chaque citoyen un accès à une énergie propre.

Car si chacun doit être responsable et faire évoluer ses habitudes de consommation personnelles, c’est bien aux collectivités territoriales de fixer les modalités de production de l’énergie, et de veiller à la sécurité énergétique de chacun. La Région Haute Normandie  a produit un SRCAE (Schéma Régional Climat Air Energie) et la métropole Rouen Normandie par sa compétence Energie est entrain de définir une stratégie énergétique qui fixera  entre autre nos objectifs de production et d’économie .

Car au-delà des engagements qui pourraient être pris en 2015,  aujourd’hui, pour l’environnement, et pour la sécurité énergétique de chacun, il faut agir, et non promettre !

En France, selon le premier rapport de l’ONPE, entre 5 et 8 millions de Français sont en situation de précarité énergétique.

En Haute-Normandie, plus d’un ménage sur 4 est dans cette situation, ce qui plaçait en 2008 la région au 13eme rang sur 22 pour la part des ménages vulnérables. Les températures plus fraîches que dans le Sud expliquent en partie cet état des lieux, mais elles ne sont pas les seules responsables. La majeure partie des habitants se chauffent ici au gaz de ville, dont le prix a augmenté de 4.1% cette année, ou à l’électricité, dont les prix ont subi eux une augmentation de 2.6%.

A Rouen, avec la chaufferie bois Grammont (qui nous accueille aujourd’hui), la municipalité a mis en œuvre un service public de l’énergie calorifique. Celui-ci a permis de stabiliser le prix des factures, et de réduire considérablement l’impact carbone du chauffage des bâtiments du quartier. Voici un exemple de ce que nous pouvons réaliser au cœur des territoires. La mise en place de réseaux de chaleur alimentés en biomasse a partout des impacts économiques et écologiques positifs. La réduction de la part des énergies fossiles dans la production d’énergie en France doit être une priorité, et à cette occasion toutes les alternatives de ce type doivent être encouragées.

La vieillesse du parc de logement influe également sur la consommation. Ainsi, on dépensera près de 1000€ de plus par an pour chauffer un logement construit avant 1950, qu’un logement construit à partir de 2004. En Haute Normandie, on compte 64% de maisons anciennes et énergivores, pour une moyenne nationale de 57%. L’enjeu de la rénovation thermique est donc ici primordial si l’on veut réduire notre consommation globale, et protéger les ménages les plus précaires de cette vulnérabilité énergétique.

La Route des énergies nous donne l’occasion de nous réunir pour évoquer toutes les solutions que nous avons déjà en main pour agir, et celles que nous aurons dans l’avenir. La conception des systèmes de distribution, leur approvisionnement, leur mise en place, la rénovation du patrimoine bâti, sont autant de secteurs qui, dans les années à venir, seront au cœur des politiques d’urbanisme. Rouen vient d’ailleurs de remporter un appel à projet gouvernemental et une enveloppe de 500 000€ en tant que Territoire à énergie positive pour une croissance verte. Et on dénombre dans la région plus de 150 formations initiales et continues autour de ces métiers, que vous pourrez découvrir ici jusqu’à vendredi. Car les énergies peuvent, et doivent être porteuses d’innovations, d’emploi, et de réels progrès technologiques et sociétaux.

L’avenir c’est nous, l’avenir c’est vous ! »

 

Vous pourriez aussi aimer...

%d blogueurs aiment cette page :