Les grandes orientations du 1er Plan Local d’Urbanisme Intercommunal de la Métropole

LOGO DECIDONS ROUEN_HORIZONTAL

Interventions de Jean-Michel Bérégovoy

 

Conseil municipal du 13 mars 2017  &  conseil Métropolitain du 20 mars 2017

« Par l’élaboration de ce PLUI et la prise en compte des enjeux sociétaux et environnementaux du XXIème siècle notre Métropole sera – ou pas – une grande Métropole »

 

Nous vivons un moment décisif pour notre territoire. Soit notre Métropole deviendra une grande métropole, anticipant et accompagnant les enjeux du XXIème siècle, soit nous raterons le coche, et le statut de Métropole n’aura rien apporté de plus ambitieux politiquement que la CREA. Car nous ne pouvons pas nous permettre de passer à côté de tous ces enjeux du XXIème, au risque que notre territoire, déjà en retard sur la préparation de l’ère post carbone, soit dépassé dans les décennies à venir.

Lutte contre le réchauffement climatique et adaptabilité du territoire à ce dernier, lutte contre les pollutions, lutte contre l’étalement urbain, densification des centres urbains, développement des transports en commun, préservation des espaces naturels et agricoles, développement de la nature en ville, développement des énergies renouvelables et diminution de nos consommations énergétiques….

Nous partageons en grande partie les objectifs présentés dans ce PADD. Mais nous serons très vigilants, à ce que ces objectifs ne restent pas des paroles vaines et qu’ils soient bien concrétisés par le règlement du PLUI.

Car nous n’oublions pas que ce sont ceux qui défendent tous ces objectifs d’un côté qui ont de l’autre réalisé la ZAC de la plaine de la Ronce, l’aménagement actuel de la place des chartreux et qui défendent la réalisation du Contournement Est.

Pour prendre tout son sens, ce Plan Local d’Urbanisme Intercommunal ne doit pas être un empilement de 71 Plan Locaux d’Urbanisme, mais bien un document cohérent, mettant en marche tout le territoire vers les mêmes objectifs environnementaux et de solidarité.

Et atteindre ces objectifs nécessite dès maintenant des changements radicaux de nos pratiques, notamment en matière de transport et d’habitat, et les actions mises en œuvre aujourd’hui, comme la rénovation énergétique, les mobilités douces… ne suffiront pas à elles seules à répondre à ces enjeux. Elles doivent être pensées dans une planification territoriale soucieuse d’une intégration très en amont des objectifs environnementaux et énergétiques. Ce PLUI ne doit pas seulement réparer les dégâts d’un urbanisme à outrance non réfléchi, mais il doit être un véritable outil de transformation de notre Métropole, pour la faire entrer pleinement dans le XXIème siècle en prenant en compte ses enjeux environnementaux, énergétiques et sociétaux.

Notre PLUI doit impérativement s’inscrire dans les grands engagements internationaux de l’Union Européenne et de la France, notamment dans le cadre de la COP21, de réduction de la dépendance au pétrole et au gaz, et de nos émissions de GES. Et la COP21 a montré que la France est en retard sur ces objectifs.

Et nous avons quelques inquiétudes à avoir sur la concrétisation de ces objectifs dans le règlement : 

  • Toutes ces erreurs que nous dénonçons, ont été commises par ceux qui élaborent aujourd’hui ce premier PLUI ;

  • Peut-on lutter réellement contre la consommation de terres agricoles et défendre en même temps la réalisation du contournement Est qui va détruire 500ha de forêts et favoriser le développement de l’habitat périurbain ? Pour rappel 500 hectares c’est l’objectif maximum fixé par le SCOT de consommation de terres agricoles et espaces naturels pour l’habitat pour la période 2020-2033 ! Entre 1999 et 2012, 1 278 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont été urbanisés, dont plus de la moitié pour de l’habitat, sur le territoire de la Métropole !!

  • Il n’y a aucun objectif chiffré de réduction de gaz à effet de serre: à titre d’exemple la métropole de Brest s’est fixée l’objectif de diviser par 4 ses émissions de GES d’ici 2050. Rappelons qu’à l’instar de tous les pays de l’Union européenne, la France s’est engagée à réduire ses émissions de GES de 75 % entre 1990 et 2050 ;

  • La densification des centres urbains est nécessaire mais elle doit être de qualité, avec des espaces verts et structurée autour des axes de transports en commun et des services publics de proximité. Or un manque d’anticipation fait déjà craindre des déficits d’équipements publics, notamment le besoin d’une école supplémentaire sur les quartiers ouest pour accueillir les enfants des nouveaux logements de Luciline ;

  • La densification doit permettre de maintenir les ménages avec enfants et notamment les plus modestes en cœur urbain. Pour cela les communes de la 1ère couronne urbaine doivent impérativement contribuer à cette dynamique de logements sociaux ;

  • Nous regrettons que ce PADD ne soit pas plus ambitieux sur l’habitat participatif et la prise en compte des enjeux d’intergénérationnalité et de vieillissement de la population ;

  • La préservation et le développement des espaces verts, notamment en ville avec le renforcement des coulées vertes et bleues, participent à la lutte contre le réchauffement climatique, à la réduction des pollutions, au développement de la biodiversité, à la création de lien social et au bien-être des habitants ;

  • Le règlement devra réellement intégrer les outils que nous offrent les lois biodiversité et TEPCV, contraignant aux façades et toitures végétalisées, au développement de l’énergie solaire et à l’autoconsommation. Si nous laissons passer cette opportunité nous continuerons à prendre du retard dans la préparation de notre territoire à l’ère du post carbone. C’est un enjeu environnemental, mais aussi social en faisant baisser les charges. Cela doit s’accompagner un plan ambitieux et chiffré de rénovation énergétique du bâti ;

  • L’enjeu des transports : c’est l’un des principaux secteurs d’émission de GES et de particules fines en centre urbain. Quand on sait que 25% des déplacements de moins de 3km se font en voiture, nous voyons qu’il y a un véritable enjeu à développer la mobilité douce et les transports en commun. Et vu les positions pro voiture individuelle et anti transports en commun de certains élus d’opposition, nous serons également très vigilants à ce que le PLUI permette de défendre ces objectifs. Bien sûr les lignes structurantes sont essentielles, mais le maillage fin des réseaux secondaires est aussi important : c’est un enjeu environnemental évidemment, mais c’est aussi un enjeu important de service public et de solidarité envers tous.

Pour conclure, rappelons de nouveau que les enjeux de ce PLUI sont colossaux et seront structurants pour les décennies à venir. Nous ne pouvons pas nous permettre de rater le coche. Nous serons vigilants à ce que le lobbying des uns et des autres n’aboutisse pas à un PLUI qui serait une superposition d’intérêts communaux au détriment d’une cohérence d’ensemble. Sinon d’avoir structurer notre territoire en Métropole n’aura servi à rien.

Vous pourriez aussi aimer...

Une réponse

  1. 26 octobre 2017

    […] NOTRE CONTRIBUTION AU PADD DU PLUI DE LA METROPOLE […]